Le parachutisme pour les nuls

Le parachutisme pour les nuls

Sur le Blog, vous pouvez suivre les performances de l'équipe de parachutisme "AGPM Tours Centre".

 

Nous donnons aujourd'hui la parole au lieutenant-colonel Sengsouvanh Phoummavongsa, le capitaine de cette équipe pour nous en dire plus sur sa passion.

Le lieutenant-colonel Phoummavongsa au milieu de ses coéquipiers.

Comment vient-on à la pratique d’une telle activité ?

J’ai toujours voulu voler, en avion, en ULM, en deltaplane, planeur, etc… Et en 1998, le parapente, qui en était à ses prémices, était encore la pratique aéronautique la moins onéreuse. Il y avait aussi la volonté du dépassement de soi, de faire quelque chose d’extra-ordinaire au sens littéral du terme : qui sort de l’ordinaire.
Enfin pour moi, mon histoire personnel (mon père s’est tué dans un accident de para devant nous en 1971 au Laos lors d’une séance d’entraînement), la volonté de se sentir vivre et sans doute par là même de continuer à le faire vivre (j’avais 4-5ans).

Quelles sont les qualités requises  ?

Au départ, j’ai toujours été intimement persuadé que tout le monde pouvait réaliser un saut en parachute pourvu qu’il le veuille. Homme ou femme, ce n’est pas une question de physique même si par la suite cela peut jouer dans l’aisance de la pratique.

Je pense toujours que c’est une histoire de motivation et uniquement : en effet, c’est un acte anormal que de vouloir quitter un avion en parfait état de marche… et cela demande beaucoup d’auto-persuasion, donc de volonté sur soi. La motivation est surprenante : d’un point de vue pédagogique, lorsque j’avais un avion de débutant, je m’ingéniais à mettre les filles en début de largage. Ainsi, l’égo des garçons qui suivaient n’en était que plus fort (« si elle(s) est/sont sorti(es), je ne peux pas refuser de sauter… donc j’ dois y aller aussi ! »).

Par la suite, en partageant comme je le fais encore ma passion, avec les premiers refus de saut ou blocage devant la porte de l’avion de débutant, j’ai réalisé que malheureusement, il y a des personnes pour qui se dépasser est tout simplement impossible… tout du moins que pour ces personnes, se mettre 5 secondes en mode « OFF » pour se jeter dans le vide est impossible. Malgré toutes les persuasions, explication, rationalité, jouer sur l’égo (être courageux, fort,etc.), le côté autoritaire de l’instructeur sur les élèves (le fameux « Go » crié dans l’avion pour mobiliser et forcer moralement le sautant).

Quels types de sensation procure cette pratique ?

Elles sont très nombreuses donc en voici une liste non exhaustive :

- Voler. Voler par procuration dans l’avion (en tant que passager durant la montée) puis voler seul durant la descente en parachute. La différence du parachutisme avec les avions : ce qui nous fait voler est haut dessus de nous tandis que pour les avions, on est assis/debout mais sur quelque chose de solide qui est sous nous ! Avoir les pieds dans le vide avec 1000 m de hauteur, ce n’est pas du tout la même sensation que d’être debout dans une nacelle de ballon ou être dans un ULM.

- Un sentiment de supériorité : on vient de faire quelque chose d’extra-ordinaire que les autres ne font pas, physiquement et psychologiquement, on domine le monde car on est au-dessus de tout, tout est petit en bas, les voitures, les maisons, les routes, on voit tout et très loin, etc…

- La liberté car on est seul (son propre corps) à voler (même si on ne vole pas tout à fait durant la phase de chute libre ; en fait, on contrôle sa chute.)

- Le contrôle de sa peur : il est normal d’avoir peur lorsque l’on fait un acte un peu fou pour le commun des mortels. Mais le dépassement de soi est de la contrôler. Cette aptitude est très utile pour les militaires et c’est pourquoi les armées sont impliqués dans la pratique sportive du parachutisme.

Comment se passe le retour au sol ?

Après le retour au sol, physiologiquement, le corps doit passer d’un état d’excitation très intense à un calme/sérénité très forte. Or, il y a un décalage entre la décharge d’adrénaline et son absorption lente par le corps alors qu’il n’y a plus de situation de stress. Je m’explique : stress et excitation très intense : quelques minutes avant la sortie de l’avion, pic d’excitation à la sortie de l’avion, durant la chute libre on occulte toutes les sensations comme le froid, la douleur etc…, pic d’excitation sur l’incertitude de l’ouverture ou non du parachute qui reste un moment toujours aléatoire (même s’il s’ouvre à 99,99 % à chaque fois).

Sous voile, retour au calme et au silence absolu (les bruits, le son de sa voix ne rencontrent pas d’obstacle et donc on ne s’entend pas). Idem après l’atterrissage mais l’adrénaline est toujours en très haute quantité dans le sang, il faut un temps de récupération. C’est cette transition qui est très physique et donc fatiguant pour les débutants.

C’est cette phase d’absorption qui est très physique et qui peut être fatiguant car ce sont deux états diamétralement opposés mais très rapproché. C’est comme mettre un glaçon dans une poêle bouillante. En physique cela s’appelle la sublimation (le passage direct d’un corps de l’état solide à l’état gazeux, sans passer par l’état liquide).

Vous nous avez donné envie mais tout le monde peut-il se lancer  ?

Oui, il suffit d'être normal et d'avoir une bonne hygiène de vie au sens large du terme.
On peut pratiquer à tout âge, que l’on soit un homme ou une femme, même unijambiste ou certains handicapés. La réglementation impose cependant d'avoir au minimum 15 ans. Il faut être prêt mentalement et ce n’est pas forcément à cet âge que l'on est.

Un certificat médical de non contre-indication est également exigé.

Monsieur et Madame tout le monde peut le faire, vraiment. Il faut juste vouloir dépasser ses craintes. C’est ça qui n’est pas donné à tout le monde.

Alors, convaincu ? Êtes-vous prêt à faire le grand saut ?

1 réponse

  1. chriscarlier230
    Merci bien d’avoir partagé cet article. C’est super que les avions et le parachutisme vous aient toujours intéressés. J’ai toujours eu envie d’aller faire du parachutisme mais cela me donne anxiété. Je pense toujours que cela me donnerait une décharge d'adrénaline et que je m’amuserais bien. Vous avez donné plusieurs bons conseils qui m’aident à mieux connaitre le processus. C’est bien de savoir comment se passe le retour au sol et aussi que tout le monde peut se lancer. Merci ! -Chris | http://www.voltige2001.net

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