OPEX (épisode 4) : le retour de Chypre à sa maison

OPEX (épisode 4) : le retour de Chypre à sa maison

Sophie Aman poursuit son récit sur le retour d’OPEX.

Tandis que le séjour à Chypre qui s'achève, la pression monte : jubilation et appréhension se mêlent dans une énergie positive. Les visages sont détendus, souriants. Dans l'avion qui ramène les soldats dans leur garnison, les plaisanteries fusent. L'esprit de camaraderie, construit, nourri, bâti durant ces 4 mois ensemble opère encore.

Ultime voyage à la rencontre des siens
A travers le hublot la terre de France s'offre à tous les regards. Chacun pense à sa famille, à ces retrouvailles toutes proches à présent. Les plus jeunes rentreront auprès de leurs parents, les autres retrouveront leur famille, leurs enfants. Tous sont émus de survoler leur pays, leur patrie, dont ils vont fouler le sol dans quelques instants.

Dernier grand virage large, l'avion est dans l'axe de la piste... Quand les roues touchent le sol, des rires fusent, des regards se croisent, certains s'interpellent bruyamment. Sur tous les visages, la même joie du retour.

Arrivée à la caserne
L'avion se pose sur une base aérienne, il reste donc le plus souvent un trajet à faire en véhicule. Les familles attendent au quartier. Quand le bus arrive enfin à destination, chacun scrute par les fenêtres pour apercevoir son conjoint, son enfant... Regards fébriles. Premier contact visuel, puissant, émouvant, tendre. Même s'il n'y a pas de bousculade dans le bus pour descendre (discipline oblige), l'impatience est palpable et l'étreinte des siens émouvante. Deux bras ne suffisent pas... D'ailleurs ils sont trop courts pour serrer en une seule fois toute la famille ! Alors on s'attrape, on s'agrippe, on se porte, on s'embrasse avec ardeur, avec tendresse...

De retour à la maison
Enfin libérés, le paquetage personnel sous le bras, les soldats prennent le chemin de leur maison. La voiture paraît soudain toute petite, à la taille d'un karting où l'on est presque assis par terre ! Il est vrai qu'après 4 mois à circuler dans un VAB (véhicule de l'avant blindé) ou dans un VBL (véhicule blindé léger), chacun est habitué à un certain volume, une certaine hauteur.

La maison elle-même peut déconcerter. Même si rien n'a fondamentalement changé, le soldat a besoin de se réapproprier cet espace, entouré des siens.

Le militaire est très attendu par sa famille, ses amis, son entourage. La date de son retour a circulé, tous espère ardemment le revoir au plus vite. Suivant les choix et préférences de chacun, l'organisation de ces premières semaines va différer. Accueillir tout le monde chez soi ? Aller voir les uns et les autres ? Se garder une semaine dans la stricte intimité familiale ?

Être accueilli sans être envahi
La tâche n'est pas aisée, même si, au fil du temps et des OPEX successives, des rituels se mettent en place. Il n'est pas toujours facile de résister à la pression de l'entourage, de faire admettre et comprendre que le soldat a besoin de temps et d'espace pour se retrouver. Que le retour est une période difficile et délicate, qui nécessite des réajustements en profondeur pour tous les membres de la famille.

La vie s'est organisée sans lui (elle) durant 4 mois : le fonctionnement de la famille a forcément été différent. Le positionnement des enfants, les relations dans la fratrie et avec les parents, l'exercice de l'autorité... tout cela va devoir être modifié, adapté. Pour restituer à l'autre une place, sa place. Pour que non seulement il veuille la prendre mais également qu'il puisse la prendre.

Après la fête, la reconstruction ensemble
Si les premiers jours sont joyeux et festifs, le quotidien reprend ses droits et le « travail » débute véritablement. Que partager ? Comment s'exprimer ? Quels sont les points communs entre ces deux vies, là-bas et ici ? Comment retrouver auprès des siens l'unité et la puissance de l'esprit de corps, de la fraternité partagée entre compagnons d'armes ? Comment reprendre pied dans un environnement soudain banal, routinier, ordinaire ? Bien loin de l'exaltation des missions très différentes, ponctuées par les montées d'adrénaline, par l'engagement extrême...

Une nouvelle tranche de vie s'ouvre, que chacun est invité à imaginer, à construire, à vivre. Une aventure unique, intime, personnelle... Prendre son enfant par la main, regarder avec lui vers demain.

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