ESPT : un soldat raconte

ESPT : un soldat raconte

Sylvain Favière était infirmier major de l'Ecole des Troupes aéroportées de Pau (ETAP) quand il s'est porté volontaire pour une mission OMLT/Infantry (Operational Mentoring and Liaison team/terme américanisé signifiant Mandat d'infanterie) en Afghanistan. Cette mission consistait à accompagner les soldats de l'armée nationale afghane dans toutes leurs missions sur le terrain. Six soldats constituaient cette équipe composée de trois spécialistes infanterie, un spécialiste radio, un spécialiste génie-combat pour les explosifs et un infirmier mais chacun devait pourvoir suppléer l'autre en cas de besoin. Il a rejoint le théâtre d'opérations à l'été 2008, avec des unités de la 7e brigade blindée.

Sur place, il va connaitre l'épreuve du feu, la peur des tirs de roquettes sur leur camp, le piège des mines improvisées. Pendant 6 mois, une menace vitale permanente pèse sur les soldats.

Parmi les événements traumatisants dont il fait le récit dans son ouvrage, il y a ce jour de juin 2008. Le 18 juin, précisément, sur une route vers Kandahar, en Afghanistan. "Un IED (en anglais, Improvised Explosive Device - engins explosifs improvisés) a explosé sous l'un des véhicules du convoi dans lequel j'aurais dû me trouver. Il y a eu des victimes. Nous n'avions pas la possibilité d'intervenir pour les aider. C'est la première fois que j'ai ressenti de l'angoisse."

Si cela ne l'a pas empêché de mener à terme sa mission, il en supporte encore aujourd'hui les conséquences.

De retour en France, Sylvain Favière n'a pas identifié tout de suite les symptômes de ce qui s'est avéré être un stress post-traumatique. Une hypersensibilité d'abord, qui l'amenait à pleurer devant un événement anodin, qu'il soit triste ou joyeux. Mais aussi un tempérament de plus en plus irritable. Nuit après nuit, tous ses rêves le ramenaient en Afghanistan.

Le militaire pensait pouvoir s'en sortir tout seul mais il se rend compte qu'il fait du mal à ses proches et qu'il devient invivable. C'est auprès d'un psychiatre des armées qu'il trouvera une porte de sortie et qu'il entame une thérapie.

Cet accompagnement, associé à une activité qui lui permettait de lâcher du lest, l'a aidé à « faire un pas vers une cicatrisation ». C'est dans ce processus de "guérison" qu'il a entrepris la rédaction du livre "Ma blessure de guerre invisible".

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L'interview de Sylvain Favière

En savoir plus :
www.esprit-com.net (prix de vente : 12€)
L’intégralité des droits d’auteur est reversée à l’association Terre Fraternité.

http://www.facebook.com/MaBlessureDeGuerreInvisible

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